
Un collègue en poste depuis huit ans dans la logistique suit une formation en gestion de paie le soir, sans démissionner, en conservant son salaire. Depuis janvier 2026, la période de reconversion professionnelle permet exactement ce type de parcours. On peut viser une nouvelle qualification tout en restant salarié, sans passer par la case départ.
Période de reconversion 2026 : ce que change le décret pour les salariés en CDI
Depuis le 13 février 2026, tout salarié en CDI peut demander une période de reconversion professionnelle sans justifier d’aucune ancienneté. L’ancien dispositif Pro-A imposait une durée minimale dans l’entreprise. Cette contrainte a disparu avec le décret n° 2026-40 du 28 janvier 2026.
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Concrètement, on alterne travail et formation pour viser une qualification précise, en restant dans son entreprise d’origine. Le parcours se structure en trois étapes : clarifier le projet, choisir la modalité (temps partiel, blocs de formation regroupés), puis sécuriser le financement. Un seul dispositif remplace la navigation entre plusieurs régimes.
Pour les profils qui hésitent entre rupture conventionnelle et transition interne, ce cadre change la donne. On garde son contrat, son ancienneté, sa mutuelle. L’employeur, de son côté, conserve un collaborateur qui monte en compétences sur un poste qu’il pourra pourvoir en interne.
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Les retours varient sur ce point, car tous les employeurs n’accueillent pas la demande avec le même enthousiasme, mais le droit est posé. On retrouve d’ailleurs une analyse détaillée sur le site Scooporama pour changer de métier qui décortique les étapes administratives de ce nouveau dispositif.

Financement CPF et reste à charge : le calcul à faire avant de se lancer
Le CPF reste le levier principal pour financer une reconversion sans sortir d’argent de sa poche, mais la règle a changé. Depuis le 2 avril 2026, le reste à charge obligatoire par dossier CPF est passé de 103,20 euros à 150 euros (décret n° 2026-234 du 30 mars 2026). La hausse paraît modeste, mais elle s’ajoute au coût réel des formations longues que le solde CPF ne couvre pas toujours.
Avant de choisir une formation, on pose le calcul :
- Vérifier son solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr et comparer avec le prix total de la formation visée
- Identifier si l’employeur peut abonder le CPF dans le cadre de la période de reconversion (co-financement entreprise)
- Regarder du côté de Transitions Pro pour le projet de transition professionnelle (PTP), qui maintient la rémunération pendant la formation pour les salariés éligibles
- Demander à France Travail un complément si le projet mène vers un métier en tension dans la région
Le piège classique : s’inscrire à une formation certifiante sans vérifier que la certification est reconnue par les branches professionnelles du secteur visé. Une certification non inscrite au RNCP ne garantit rien sur le marché du travail.
PTP ou période de reconversion : deux logiques différentes
Le projet de transition professionnelle (PTP) s’adresse aux salariés qui veulent quitter leur métier pour un autre, avec maintien du salaire pendant la formation. La période de reconversion, elle, garde le salarié dans l’entreprise pour qu’il y change de poste ou de fonction.
On ne choisit pas entre les deux au hasard. Si le métier visé existe chez l’employeur actuel, la période de reconversion est plus directe. Si on vise un secteur totalement différent, le PTP reste la voie adaptée.
Compétences transférables : repérer ce qui a déjà de la valeur
La peur de « tout recommencer » vient souvent d’une sous-estimation de ce qu’on sait déjà faire. Un responsable d’équipe en restauration rapide qui passe dans la gestion de projet en entreprise transfère directement la coordination d’équipe, la gestion des priorités sous pression, le reporting quotidien.
Lister ses compétences transversales avant de chercher une formation évite de payer pour apprendre ce qu’on maîtrise déjà. Le bilan de compétences, finançable par le CPF, sert précisément à cartographier ces acquis. Mais on peut commencer seul avec une méthode simple :
- Prendre ses trois derniers postes et noter, pour chacun, les tâches récurrentes qui ne dépendent pas du secteur (planification, négociation, rédaction, analyse de données)
- Identifier les situations où on a résolu un problème nouveau sans formation préalable (capacité d’adaptation documentée)
- Comparer cette liste aux fiches métiers ROME de France Travail pour le poste visé, et repérer les recouvrements
Cette étape prend une demi-journée. Elle permet de cibler une formation courte sur les seuls blocs de compétences manquants plutôt qu’un cursus complet de douze mois.

Tester le métier visé avant de s’engager dans une formation longue
On peut financer, planifier, se former, et découvrir au bout de six mois que le métier ne correspond pas au quotidien imaginé. Ce scénario touche une part significative des reconversions.
Avant de mobiliser son CPF ou de monter un dossier PTP, deux actions concrètes réduisent ce risque. La première : contacter des professionnels en poste dans le métier cible et leur poser des questions opérationnelles (horaires réels, contraintes physiques, fourchette de rémunération en début de parcours, taux d’insertion après la formation). Les réseaux professionnels et les groupes métiers sur LinkedIn facilitent cette démarche.
La deuxième : réaliser une immersion professionnelle via France Travail, même en étant salarié. Le dispositif PMSMP (Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel) permet de passer quelques jours dans une entreprise du secteur visé, sans rompre son contrat de travail. On observe, on échange, on confronte sa projection à la réalité du terrain.
Un parcours de reconversion professionnelle solide en 2026 ne démarre pas par une inscription en formation. Il démarre par un test, un calcul de financement et une lecture attentive de ses propres acquis. Le nouveau cadre réglementaire donne des outils concrets pour avancer sans démissionner, à condition de les utiliser dans le bon ordre.